Ce film m'a enchantée ; et Denis Lavant  n'y est pas pour rien .Il est extraordinaire , c'est comme s'il était plusieurs comédiens en un seul.

   Cela commence comme un rêve, un homme s'éveille, un chien sur son lit -mais un chien qui ne réagit pas , qui continue à dormir... Il passe une porte qu'il n'avait jamais ouverte et il se trouve dans un endroit bizarre , hôtel , salle de cinéma où les gens semblent assoupis et on ne voit pas l'écran ... Puis un homme sort  (le même?) et monte dans la limousine qui l'attend . Ses enfants lui crient "travaille bien , papa". La conductrice de l'auto  est Céline (Edith Scob). Monsieur Oscar monte dans la voiture de luxe, demande à Céline le nombre de ses rendez-vous, et on comprend que cet homme important est dans la haute finance (comme dans "Cosmopolis" de Cronenberg). La différence d'avec ce film est que M. Oscar (Denis Lavant) va se transformer à chaque rendez-vous ; dans le premier il  est une vieille  mendiante roumaine , courbée , avec deux gardes du corps qui la suivent (et qui vont disparaître du film)... La mendiante retourne à la limousine  et prend connaissance  de son prochain rendez-vous .Il y en a  neuf   avec l'aide de la limousine  mais il y a aussi ceux qui sont avant et après les horaires de travail de Céline .

    C'est ce qui m'a plu dans le film , son côté imprévisible qui fait que j'y ai été accrochée pendant toute sa durée. Certaines séquences m'ont  plus fortement impressionnée ,  celle dans les égouts (merde) , où il rencontre  une femme magnifique (Eva Mendes ) ,   une autre où Denis Lavant , tout constellé de brillants, rencontre là aussi une femme  et c'est la seule partie érotique du film qui se termine pas des dessins fabuleux , comme des spirales qui s'enchevêtrent et qui peuvent évoquer l'orgasme... Il y a aussi les amants de la Samaritaine (clin d'oeil aux amants du Pont Neuf)  qui ont une fin tragique...

    A la fin , M .Oscar ,en personnage qui rentre chez lui , va retrouver sa femme et sa fille , toutes les deux   guenons.... Puis Céline ramène la voiture  au garage des limousines  et celles-ci  se mettent à parler de leur journée , avant de s'endormir jusqu'au lendemain matin où elles recommenceront leurs périples dans Paris. Là encore ,dans ce garage, une réponse au héros de Cosmopolis qui se demandait  où allaient les limousines après leur travail.  La différence entre les voitures des deux films  est que celle de Cosmopolis  sert de salon  de réception , alors que celle  d'Holy motors est omme une loge de théâtre , avec un certain fouillis .... 

     Tous ces personnages fabuleux incarnés par Denis Lavant semblent illustrer un conte féérique  ; tout y est , et j'ai beaucoup aimé..