film:"J.Edgar" de Clint Eastwood
Beau film ,un portrait de J.Edgar Hoover qui a été à la tête du FBI pendant 48 ans, mais portrait aussi des Etats Unis , de leur façon de fonctionner , pas toujours très honorable.
Le personnage fait que le portrait n'est pas flatteur , de par son travail , de par sa façon de se servir des autres (la secrétaire qui lui est fidèle jusqu'à la fin et qui détruit tous les dossiers qui peuvent ternir l'image de son "maître" , aussi son ami Clyde - Edgar est homosexuel- qui sert aussi ses intérêts) . Edgar est dépendant de sa mère ; à la mort de celle-ci , un moment de déprime où Edgar se pare d'un collier et d'une robe de sa mère , et pleure ....
La fin du film est émouvante , comme le bilan d'une vie ... Les deux amis sont âgés , Edgar meurt ... Un nouveau président arrive au pouvoir (Nixon ? ) , il fait fouiller les bureaux du FBI pour effacer les traces d'Edgar Hoover et trouver des papiers pouvant le compromettre... Un film intéressant qui m'a plu ...
Film :" Les chants de Mandrin " de Rabah Ameur-Zaïmèche
Très beau film , malgré le côté peu politiquement correct qu'on pourrait lui reprocher .
Mandrin , "un brigand de grands chemins", a été exécuté en 1755 à Valence. Ses compagnons se regroupent autour de Bélissart (Rabah Ameur-Zaïmèche) et continuent à faire de la contrebande, entre autres actions peu louables . Avec eux on parcourt des endroits magnifiquement filmés en Aveyron et dans l'Hérault ... Ils tuent sans pitié les gardes et les soldats qui se mettent en travers de leur chemin .... On sent un parfum de révolution qui monte ... Un colporteur se joint à eux après avoir rencontré un marquis (Jacques Nolot ). Ce marquis avait connu Mandrin et a en sa possession les "chants de Mandrin " qu'il va faire éditer et que le colporteur vend au hasard de ses voyages ... Dans le film c'est le marquis qui compose les paroles de la fameuse" complainte de Mandrin " , alors qu'en vérité on n'en connaît pas l'auteur.
J'ai bien aimé ce film , pas seulement pour la complainte que je connais depuis ma jeunesse et les colonies de vacances , mais aussi pour l'évocation de ces hommes libres , "réfractaires au pouvoir en place " comme dit le réalisateur ; ce film a reçu le prix Jean Vigo en 2011 ...
film:" Carnage" de Roman Polanski
Divertissant mais amer , ce film , d'après Yasmina Reza ,ressemble à une pièce de théâtre , et pour cause. Au début des enfants dans un parc ; deux d'entre eux se disputent et l'un des deux se retrouve avec deux dents cassées. Les parents du blessé invitent les parents de l'agresseur pour tenter de résoudre le problème.
La rencontre d'abord calme , avec sourires et bonne conscience de tous , devient peu à peu une dispute , ponctuée par les coups de téléphone que reçoit et donne le père de l'enfant coupable . Cet homme est l'avocat d'un laboratoire pharmaceutique... Tout au long de cette rencontre où la tension ne cesse de monter , les deux couples se dévoilent : du côté de l'enfant blessé , une mère très agressive (Jodie Forster ) et un père qui aimerait aplanir les problèmes (John C Reilly) Du côté de l'autre enfant , un père impoli , cynique (Christoph Waltz )et une mère pas trop futée (Kate Winslet) . Tous en prennent pour leur compte , les bonnes manières volent en éclats . ; coups de griffes à la société bien polissée extérieurement ....
A la fin du film , quelques images dans le parc montrent les enfants réconciliés et le hamster , dont il a été question dans le film ,tout content d'être libre et de manger de l'herbe...." Beaucoup de bruit pour rien" ....
film: "Les neiges du Kilimandjaro" de Robert Guédiguian
Ce film m'a plu comme peut plaire une fable avec son"merveilleux" : le côté polissé des deux enfants modèles Jules et Martin , la gentillesse de la fée Marie-Claire (Ariane Ascaride ) , la probité de son mari Michel (Jean-Pierre Daroussin)... On remet les pieds sur terre avec les "jeunes" aussi bien le frère de Jules et Martin , que ceux de la famille exemplaire de Marie- Claire et Michel . Autre couple sympathique ,Raoul ( Gérard Meylan ) et Denise ( Maryline Canto ) , apparentés aux Marteron ..
L'histoire est simple , cela commence par un tirage au sort des vingt ouvriers qui seront au chômage , Michel en est . Une fête chaleureuse est organisée par les Marteron pour un anniversaire , fête où les chômeurs sont invités . On offre aux Marteron des billets d'avion pour un safari en Afrique , près du Kilimandjaro ,et de l'argent. .. Un soir où les deux couples sont réunis , deux voyous font irruption chez eux , ligotent les quatre personnes sur leur chaise , volent l' argent qui avait été offert avec les billets d'avion, et s'enfuient ... Une plainte est portée... le frère de Martin et Jules est arrêté et emprisonné . Marie- claire au grand coeur apprend l'existence des deux petits frères du détenu , interpelle la mère irresponsable , jouant un peu à l'assistante sociale ... Elle et Michel "adopteront" les deux enfants en attendant que leur frère sorte de prison ....
Difficile pour les cinquantenaires arrivés en fin de carrière de s 'apercevoir que la société a changé et que les jeunes se heurtent à des problèmes qu'eux n'ont pas connus , surtout après une vie dédiée aux autres à travers le syndicalisme . Leur gentillesse naturelle en est choquée . C'est un beau film .
film:"Take Shelter" de Jeff Nichols
Film impressionnant qui m'a mise mal à l'aise , la vision m'en était presque insupportable , j'avais la sensation desagréable de glisser dans la folie , comme Curtis(Mickael Shannon)
Curtis a tout pour que sa vie soit agréable et sans accroc (sauf la fille Hannah qui est sourde) .Il est bon mari , bon père , bon ouvrier. Sa femme Samantha (Jessica Chastain )est charmante , ils s'entendent bien. Mais Curtis est sujet à de violentes crises d'angoisse, une angoisse de l'apocalypse. Cela le fait vivre des épisodes inquiétants , des tempêtes avec orages fulgurants, se mêlant à des vols d'oiseaux , comme si c'était un film d'épouvante , avec de gros cauchemars. Mais on apprend le lourd passé qui le mine : sa mère a eu ses premiers symptômes de folie à 30 ans , c'est le père qui a élevé Curtis. Celui-ci a 35 ans et il est terrorisé par la prerspective de finir comme sa mère. Il veut protéger sa famille , il agrandit l'abri souterrain....
Je suis sortie de la salle avec l'esprit un peu perturbé , un tel film ne peut laisser indifférent . Curtis est lucide sur son cas et cela le rend émouvant ...
Film:"Welcome in Vienna" 1 "Dieu ne croit plus en nous" d'Alex Corti
La trilogie complète d'Axel Corti est sortie en salle il y a déjà quelques semaines .En 1986 seul le 3ème épisode a été projeté . Le premier , terminé en 1982 et le 2ème en 1985 ne sont montrés que maintenant. Je n'ai vu que le premier , pour l'instant , "Dieu ne croit plus en nous" et j'ai été bouleversée ...
Un adolescent juif de Vienne , Ferry Tobler , de famille aisée , assiste depuis un soupirail de la cave où il se cache , au massacre de la nuit de Cristal (du 9 au10 novembre 1938) . Son père meurt de ses blessures . Seul , sans aucune autre famille , Ferry Tobler doit partir. Commence son long périple à travers l'Europe Il rencontre Gandhi , un soldat anti-nazi échappé de Dachau et blessé à une jambe , puis , à Prague , Alena qui secourt les réfugiés . Ils partiront ensemble vers la Belgique , seront enfermés quelque temps dans le camp de St Just en Chaussée , dans l'Oise , puis Paris et vers le Sud , Marseille à la fin du film . Ils connaissent toutes les horreurs qui arrivent aux éxilés maltraités... C'est l'histoire vécue par le scénariste du film , Georg Stefan Troller , de 1938 à 1946 -fin du 3ème épisode. Il a rencontré Alex Corti qui lui a demandé d'écrire son douloureux itinéraire.
Le film est émouvant , le genre de film qui devrait être vu ne serait-ce que pour rappeler ce que certains ont vécu...
film: "Hugo Cabret" de Martin Scorsese
Un film magnifique qui conte la naissance du cinéma et qui parle surtout de Georges Méliès , mais aussi des frères Lumière.
Hugo adorait bricoler avec son père , mais il se retrouve seul après le décès de celui-ci . Il vit dans les fins fonds d'une gare parisienne, parmi les machineries des horloges. Il a un esprit inventif , curieux de tout et , comme son père, allant au bout de ce qu'il veut ; il a un gros carnet dans lequel il dessine et note ses inventions... Dans la gare il y a des boutiques dont celle de Monsieur Georges qui répare des jouets.... Le carnet d'Hugo arrive dans les mains du mystérieux Monsieur Georges qui semble fort intéressé .Hugo fait la connaissance d'Isabelle , petite fille du réparateur de jouets... .. Et commence le long dévoilement du secret : Monsieur Georges n'est autre que Georges Méliès ... Le film devient plein de magie , de fantaisie , d'amour des automates , avec des extraits de films de Méliès mais aussi des frères Lumière , pour marquer les deux tendances du cinéma , films qui font que Hugo a des cauchemars ..
C'est beau , émouvant et pourtant nous n'étions que 3 dans la salle , une femme et son enfant , et moi ... Cela me rend triste .. Peut-être s'il avait été montré en 3D comme cela aurait dû être , il y aurait eu plus de spectateurs. Ces salles de petites villes de province - quand elles existent encore -auront bien des difficultés à s'équiper en numérique , les communes ont déjà beaucoup investi pour garder leur salle , alors .... tout un monde qui va disparaître...
film:"Dernière séance" de Laurent Achard
Un film que j'ai trouvé mort-né . Je trouve exagéré que certains critiques osent le comparer à du Dario Argento , en particulier à "Profondo Rosso " (les frissons de l'angoisse).... J'ai vu presque tout Dario Argento au festival de Pesaro il y a quelques années (sauf "quatre mouches de velours gris " , interdit de projection par les producteurs américains ). J'estime très fort Dario Argento , même si ces derniers films , "la terza madre " , "Giallo" ne sont plus de la même veine... Ces critiques comparent aussi "dernière séance" au "voyeur " de Mickaël Powell infiniment supérieur au film de Laurent Achard....
Le jeune gars est projectionniste , programmateur d'une salle de cinéma qui va fermer ; il loge au sous-sol de cette salle. Sa première victime post -dernière séance est une majorette qu'il tue au couteau.... et on sait alors qu'après chaque dernière séance il y aura le meurtre d'une femme .... On essaie de comprendre le pourquoi ... histoire avec sa mère , et de chaque corps inanimé il prélève un échantillon (oreille , bijou , ...) pour sa mère .... L'acteur n'a que l'intensité de son regard pour paraïtre "anormal "...
Beaucoup considèrent ce film comme un hommage au cinéma français d'il y a quelques décennies au style dépouillé , alors qu'on ne compare pas à Dario Argento qui est tout le contraire...... En somme , je n'ai pas aimé ...
film:" Les acacias" de Pablo Giorgelli
Un beau film que j'ai aimé.
Cela commence au Paraguay , dans la forêt , des bûcherons abattent des arbres . Un camionneur , Ruben, doit mener ces troncs d'acacia à Buenos Ayres, à1500 km de là . Son patron lui demande d'emmener une jeune femme et son bébé à Buenos Ayres. Le début du voyage est morose; Ruben est gêné par cette femme et sa petite fille qui pleure parfois ; il se montre bourru , parfois même grossier... Mais les regards se croisent de plus en plus ; les sourires de Ruben répondent à ceux du bébé Anahi , les prénoms sont dévoilés , Ruben et Jacinta .... Ruben est de plus en plus attentionné au fur et à mesure qu'on approche du but. ... Arrivés , il dépose Jacinta et sa fille , accueillies par une famille chaleureuse .. Il ose enfin l'inviter , la semaine suivante à une belle balade dans la région ....
Un film qui paraît tout simple , mais d'une finesse , d'une pudeur , avec les sentiments qui se lisent à fleur de peau ... Le film était à Cannes à la semaine de la critique et il a eu la caméra d'or....
film:"Le Havre " d'Aki Kaurismaki
On peut dire de ce film qu'il est plein de bons sentiments , jugement assez négatif , et pourtant, la magie Kaurismaki en fait un grand film émouvant et humaniste .
La diction simple et théâtrale d'André Wilms (Marcel Marx ), la simplicité des dialogues avec Arletty , sa femme , (Kati Outinen) et leur concision avec le jeune Idrissa , la beauté des décors et prises de vues , en font un film admirable
Marcel Marx aide un jeune africain , Idrissa , à rejoindre sa mère à Londres , et cela avec la complicité du quartier , du commissaire (Daroussin ) et du rocker Little Bob qui donne un concert pour financer le passage. Et pendant ce temps , Arletty est malade à l'hôpital ....
En ce moment difficile de repli sur soi , la bonté, la solidarité qui suintent de ce film font du bien ; j'en ai pleuré
