De Zad Moultaka j'avais déjà entendu à Royaumont "Non" un non véhémént à la guerre avec Bertinelli aux percussions. J'avais apprécié aussi "Déplacé" avec le concours du danseur Ziya Azazi. Et ce 26 septembre "l'autre rive" inspiré aussi par le traumatisme de la guerre, l'autre rive , celle d'à côté, là où on rêve d'aller, où cela doit être mieux, où il n'y a pas la guerre....et c'est pareil... Les oeuvres précédentes étaient plus bruyantes .. Il semble que  dans "l'autre rive" les choses se disent d'une façon plus apaisée et l'émotion que j'ai ressentie plus présente , plus profonde ..Alors je ne sais comment  parler de cette musique qui dit tout sans agresser, tout en suscitant de l'émotion ...    C'est beau...

     J'ai pensé au film "Lebanon" vu à Venise et qui a eu le lion d'or , il y a une quinzaine de jours....Le réalisateur israëlien, Samuel Maoz, a été un des quatre soldats enfermés dans un tank en 1982 pendant la guerre au Liban . Leur mission était de repérer les endroits où pouvaient se cacher des terroristes. Pendant toute la durée du film on se sent enfermé avec eux dans cet espace clos où certains craquent , appellent leur mère et où tout devient sale , étouffant . C'est d'un réalisme très fort; j'en suis sortie épuisée... Le réalisateur a mis tout ce temps avant de pouvoir dire cette horreur  , il n'en parlait pas....

    Il semble que dans "l'autre rive " une distance ait été prise  qui fait que l'auteur peut dire des choses aussi fortes d'une façon plus apaisée ...  Les deux rives étaient matérialisées par deux endroits de l'abbays , le cloître et le réfectoire.  La langue était différente (grec , arabe) et seuls quelques mots émergeaient ... le résultat est une oeuvre pleine d'émotion....