Je suis tentrée hier avec 19 films dans la tête et peu y resteront.

   Un film m'a marquée, mais il est passé inaperçu , hors concours,projeté au Lido à minuit.Il s'agit de"Valhalla rising" de Nicolas Winding Refn, un Danois de 39 ans,  avec un grand acteur  Mads Mikkelsen (One-Eye , dans le film). Cela se passe vers l'an 1000, une grande épopée de Vikings chrétiens allant en terre sainte,  avec un beau côté esthétique.En le voyant ,j'ai pensé au "lac" de Grandrieux vu l'an passé  à Venise, presque la même façon de traiter l'atmosphère , et les paysages du film danois sont  grandioses. Il devrait sortir sur les écrans l'an prochain .En ce moment  il y a un film de ce réalisateur qui m'était inconnu ,le titre est "Bronson"  et je compte le voir d'ici peu .

   Le cinéma italien a été assez malmené; en somme ,les bons films transalpins vont à Cannes et les autres sont pour Venise. Certains auront un succès" grand public," sans plus.Parmi ceux que j'ai vus, celui qui m'a le plus intéressée est "cosmonaute" de Susanna Nicchiarelli ; c'est frais, agréable, sans prétention. Je n'ai pas vu le film de Tornatore qui a fait l'ouverture du festival , porté par une publicité énorme: "Baaria"(Bagheria, ville près de Palerme).   Un film a été mal vu par le régime actuel "vidéocratie", fait par un italien vivant en Suède, Gandini; c'est une critique acerbe de la télévision berlusconienne mais avec une ambiguité:il servira à la publicité de ceux que le film veut pourtant dénoncer, le fameux "Corona", par exemple et entre autres...

   Le lion d'or est allé à un film israélien de Samuel Maoz, "Lebanon", ce genre de film qui s'impose par un réalisme très fort.Il était  impossible qu'il n'ait pas le prix.  A part l'image qui débute le film, un beau champ de tournesols, qu'on revoit à la fin, mais encombré d'un char, tout le film se passe dans ce char avec 4 jeunes soldats dont c'est la première mission: repérer les endroits où peuvent se trouver des terroristes... et c'est insupportable; j'en suis sortie démolie, épuisée, avec cette seule pensée" quelle connerie la guerre"(l'expression est de Prévert)....Voilà.. les autres prix semblent de consolation...   J'aime ces dix jours passés dans l'excitation provoquée par les films, même quelconques,et qui amènent des discussions, des réflexions salutaires.