26 mai 2008
"Wonderful town"film thaïlandais d'Aditya Assarat
Un jeune architecte arrive dans un village , il doit surveiller les travaux de construction d'un grand immeuble au bord de la plage .Il loge dans petit hôtel simple tenu par une jeune femme timide . Lentement,va naître entre eux un sentiment amoureux...Mais le film va basculer dans la violence et en même temps on voit les ravages que le Tsunami a provoqués dans la région J'ai aimé ce film vu hier à Paris .
"Enfances", 6 courts métrages...
...qui évoquent chacun un souvenir d'enfance (imaginé?) de 6 "grands "du cinéma
Fritz Lang; famille bourgeoise, un frère plus grand, grand amour envers la Mère . Les parents se marient et l'enfant apprend que sa mère est juive , l'enfant est perturbé...
Orson Welles est un enfant surdoué ; à 5ans il récite des passages de Shapespeare .Sa mère tombe malade ; il est persuadé que s'il ne la quitte pas des yeux , elle ne mourra pas...
Jacques Tati , à 12 ans ,est déjà tellement grand que le photographe chargé de la photo de classe, à l'école, ne sait comment le faire "entrer " dans la photo...
Jean Renoir, en vacances dans la belle propriété de ses parents se lie d'amitié avec Godefer, un galopin du coin...
Alfred Hitchcock, adore le théâtre, il admire une comédienne qu'il voit dans les pièces de Shakespeare , avec ses parents. Une nuit , il" sali", ses draps. Sa mère autoritaire , le prive de "la nuit des rois"...
Ingmar Bergman vit en bonne harmonie avec son frère plus grand ,quand naît une petite soeur Il faudrait la supprimer .Naturellement cela échoue...
Les réalisateurs de ces courts sont Yann Le Gal, Isild le Besco, Johanna Hadjthomas et Khalil Joreige, Ismaël Feroukhi, Corinne Garfin et safy Nebbou...
24 mai 2008
"Le premier venu " film de Jacques Doillon
Camille, jeune bourgeoise parisienne, s'accroche à Costa qui l'a violée la veille .Elle prend le même train que lui et se retrouve en Picardie , toujours à ses basques . Déjà je me suis demandé ce qu'elle voulait: s'encanailler et donner un peu de piment à sa vie? car Costa n'est pas du genre recommandable: drogué, paresseux, il n'a pas vu sa fille Kimberley -5ans- depuis3ans et ne donne pas d'argent à son ex- amie Gwendoline, mère de Kim. Camille rencontre l'ami d'enfance de Costa , Cyril, policier, et lui soutire l'adresse de Costa et celle de l'amie. Dès lors, elle va s'acharner à tout compliquer, elle provoque des incidents graves (avec l'agent immobilier) qui pourraient mener Costa en prison ..Dans la scène finale elle semble jouer le rôle de la fille au grand coeur-qu'elle est sûrement- et va raccommoder la relation Costa -Gwen tandis qu'elle va se tourner vers Cyril Cette fin ne m'a pas convaincue , elle ne colle pas avec le reste du film.... Les paysages de la baie de Somme sont magnifiques . Le film a été tourné au Crotoy...
Le Caravage vu par Dario Fo
Alors que je passais une semaine à Rome, en mars 2004, se tenait au Château St Ange une exposition extraordinaire, au sens propre du terme, dite "l'exposition impossible" sur toute l'oeuvre du Caravage.. Ce n'étaient pas les oeuvres originales qui étaient exposées - cela aurait été impossible-mais des reproductions, grandeur nature, avec procédé "haute définition digitale" - je n'y connais rien- et le résultat était magnifique ..Cette exposition a eu un tel succès qu'elle a été prolongée , ce qui m'a permis de la voir.
Dario Fo a monté un spectacle, avec Franca Rame, intitulé "Caravaggio al tempo di Caravaggio"* et c'est le texte dont je viens de terminer la lecture. Le spectacle a été donné à Rome au moment de l'exposition.... Dario Fo a fait des études d'art dans sa jeunesse et ici ,il analyse des peintures du Caravage; il a une telle personnalité qu'on le reconnaît dans sa façon de voir la peinture du grand peintre ..Chacun a sa façon de voir... *("Caravage au temps du Caravage").
Un cygne sur le pont.
Hier matin, alors que je me dirigeais vers la gare pour prendre le train de 8h20 pour Paris, un cygne affolé s'est abattu sur le pont, je pense même qu'il a été heurté par une voiture. Que faire ? Tous les piétons présents ont dû se poser la même question.. Quant à moi , à part penser tout haut "pauvre bête", je n'ai pu que faire signe aux automobilistes pour qu'ils ralentissent . J'avais déjà passé le pont qu'une jeune femme me dit "ça y est, un homme a pu l'attraper" Effectivement un courageux avait le cygne dans les bras et l'emmenait vers la berge.... Un autre me dit " J'ai appelé la police".... Certains ont dû rater le train de 8h11 qui partait quand je suis arrivée à la gare... J'ai pris le suivant....J'espère que le cygne a retrouvé, sain et sauf, ses nombreux congénères qui semblent se plaire à Creil....
21 mai 2008
Livre de chroniques III d'Antonio Lobo Antunes
J'espère qu'un jour il l'aura , le prix Nobel. Tous les ans on en parle , mais je crains que cela se passe comme pour Borges, pas assez dans les normes politiques... Selon moi , c'est un immense écrivain, j'ai lu presque tout de lui, en commençant per "Le cul de Judas", lu il y a bien longtemps.. Son premier livre "mémoire d'éléphant", je l'ai lu après. et depuis j'enchaine ses romans dès leur parution ,en traduction , bien sûr... Entre ses romans , il écrit des textes courts , des chroniques, souvenirs d'enfance, anecdotes , la mort qui le hante, ses amis, et surtout la guerre d'Angola où il fut envoyé en tant que médecin et où il a vécu l'horreur : amputations de membres de soldats blessés , accouchements difficiles..et tout ce qui peut être fait par un médecin ,avec des moyens très réduits en matériel.. Puis il s'est spécialisé en psychiatrie et a travaillé dans un hôpital de Lisbonne ; Mais ce n'était pas sa vocation de "s'occuper de gens qui passent leur temps à se plaindre de passer leur temps à se plaindre.... lui, un farfelu toujours dans les nuages, qui se fichait de tout". ( c'est dans la chronique "le nombril du nombril du nombril) p 295 de l'édition "points -seuil" . Son style n'est pas du genre facile à lire , mais c'est le sien, je pourrais le reconnaître parmi des tas d'autres... Que dire encore pour donner l'envie d'ouvrir un de ses livres et de ne plus pouvoir en sortir?.. Quelques titres :" La mort de Carlos Gardel", " Connaissance de l'enfer" , "Le retour des caravelles"....etc (il y en a une vingtaine) Ma lecture suivante : Dario Fo (en italien ) sur le Caravage... je l'ai commencé...
20 mai 2008
Cannes
En ces jours de festival de Cannes je me régale à lire le blog cannois de Serge Kaganski des Inrocks Je viens d'y faire un tour et ce fut un plaisir J'aimerais écrire comme lui , avec son humour et sa façon de juger les films et les auteurs ; ce qu'il dit des Dardenne est beau .. Je conseille d'y aller ... dans la guimauve habituelle cela fait du bien..... Je lis son blog découvert depuis peu ..
Concerts à Royaumont
Ces 16 ,17 et 18 mai, l'abbaye de Royaumont recevait Daniel Ferro, maître de chant de la Julliard School de N .Y. qui avait déjà donné des cours à R.de 1982 à 1995, 14 ans de bonheur pour les chanteurs qui se sont perfectionnés au contact de ce Maître renommé.. J'avais assisté à certains cours publics et le plaisir s'est renouvelé le dimanche 18 ,quand , pendant 2 heures, le Maître a reçu les 6 jeunes chanteurs talentueux qui ont eu la chance de suivre une "master class" de 3 jours.. Il est toujours le même, 20ans après, exigeant , humain , soucieux de l'émotion à susciter chez l'auditeur en travaillant le sentiment à faire passer plus que la technique pure (qui compte aussi).. Exigeant aussi sur la prononciation , l'italien n'est pas facile , les 2r de "vorrei", la place de l'accent tonique....tout cela riche d'enseignements même pour les non avertis..... Et il y a eu les 2 concerts donnés par les chanteurs formés à R .Celui du 16 mai , concert inaugural de l'hommage à Daniel Ferro, a été "sérieux", avec programme "sérieux"(Beethoven, Schubert,R.Strauss,R.Wagner), tout en allemand sauf quelques poèmes de Metastasio mis en musique par Beethoven et chantés en italien , bien sûr... Le pianiste Jan Philip Schulze accompagnait le baryton Martins Bruns et le ténor Robert Dean Smith. Il y avait des personnalités et après une réception était prévue dans la Gallerie nord à l'architecture magnifique , comme toute l'abbaye...... Le 17 , concert plus détendu , varié ,qui a réjoui le public. Un programme éclectique de Vivaldi à Offenbach qui a illuminé la fin du concert de ses notes joyeuses , en passant par Fauré , Debussy, Rossini, Mozart Busoni ...etc Les interprètes , tous admirables ,étaient passés par R. et avaient été elèves de D.Ferro.: Claudine Cheriez , Patricia Samuel , Florence Katz, Martin Bruns, et Jacques Schwarz....J'étais fascinée par le grand plaisir qu'ils prenaient à chanter ,à se surpasser , pour leur maître , assis au premier rang et pour un public attentif. Et l'émotion , à la fin quand l'immense gratitude des élèves pour le Maître s'est concrétisée par des accolades....Une soirée inoubliable ... En rentrant , j'en avais encore la gorge serrée..
14 mai 2008
"Redacted" film de Brian de Palma
Film éprouvant qui se passe à un check point (un barrage ) gardé par des soldats américains à Samara en Irak.. Film sur la force des images qu'elles soient obtenues par une petite caméra DV ou par un appareil professionnel .., Dès le début, un jeune soldat, Angel Salazar filme avec son petit appareil, et aussitôt un autre, Lawyer McCoy le filme en train de filmer ; Ils veulent filmer la Vérité Une scène : les soldats sont là , qui surveillent ce barrage, plantés au même endroit pendant des heures , à la chaleur , leur ennui , leurs questions "qu'est-ce qu'on fait là"... l'un d'eux fait craquer le plastique de sa bouteille d'eau, bruit lancinant dont on ignore la provenance au début et qui rythme l'ennui...... Le matin des enfants vont à l'école et doivent traverser ce barrage , fouille au corps , fouille approfondie, comme dit le rapport ,d'une jeune de 15 ans qui sera violée et tuée ,un soir,et sa famille avec - la caméra était cachée dans le casque de Salazar qui était révolté par cette scène- Autre scène, des meubles usagés ont été déposés près du camp américain.... Un sergent s'assoit dans un fauteuil , le fauteuil explose et le soldat avec .... Puis la fin horrible d'Angel , le latino sympathique à tous, enlevé par les occupants d'une voiture , il aura la tête tranchée et exposée Son ami McCoy retournera aux US et retrouvera sa femme.... A la fin du film, défilé d'images de "dommages collatéraux", insoutenable .. " Quelle connerie , la guerre " J'en suis sortie assez sonnée...
13 mai 2008
Lecture:Emmanuel Bove
Au premier abord, "La mort de Dinah",comme tous les romans d'Emmanuel Bove , a l'allure d'un mélodrame ,c'est triste,comme a été difficile et triste l'enfance de l'auteur qui regarde vivre les hommes avec étonnement et résignation. Cependant il y a toujours de l'émotion et de grandes qualités de coeur.
Dans ce roman on suit la vie de Jean Michelez .Dès ses débuts et sa rencontre avec un étudiant allemand qui loge dans la même pension que lui, on devine son caractère et sa façon de "fonctionner": exigeant dans ses amitiés, peur d'être berné , difficulté à s'engager à fond Quand, plus tard, il sera un homme "arrivé", entrepreneur de son métier , avec femme et belle maison à Neuilly, il montrera les mêmes réticences... Près de chez lui il y a une petite maison qui appartient à M .Dausset Celui-ci l'a louée à Mme Auriol qui a une fille Dinah d'une dizaine d'années. Cette Mme Auriol exerce une certaine fascination de par sa réserve et sa dignité .Jean Michelez n'y est pas insensible de même que M. Dausset. Dinah est très malade et sa santé nécessiterait un séjour à la montagne. Sa mère n'en a pas les moyens ,; sa tante (soeur de Mme Auriol )pourrait l'aider mais elle a un mari qui perd tout son argent au jeu. Mme Auriol va frapper à la porte des Michelez pour solliciter une aide et se cogne à un refus..... Et quand cette aide pourrait être possible , c'est trop tard , l'enfant est morte......E. Bove est l'écrivain du regret des choses et du bien qu'on aurait pu faire et qu'on n'a pas fait par retenue , par peur d'être trompé, par manque de confiance en soi...et c'est souvent triste ....