07 avril 2008
Lectures 3- Viktor Pelevine
De ce jeune écrivain russe j'ai lu "la vie des insectes ", la flèche jaune","l'ermite et six-doigts"... Je viens de finir "la mitrailleuse d'argile"; j'ai pris un certain plaisir à lire cette littérature satirique, loufoque, mais aussi j'ai eu des difficultés à m'y retrouver. Au début du XXème siècle Piotr Fanerny, poète de St Petersbourg ,est obligé de fuir sa ville car ses poèmes ne plaisent pas et il est poursuivi par la Tcheka... Un ami , Von Ernen, va l'aider et le fait nommer commissaire dans une division de cavalerie commandée par Tchapaiev .. Mais ce même Piotr -qui se nomme maintenant Poustota- on le retrouve de nos jours dans un hôpital psychiatrique près de Moscou, interné dans le service du médecin Timour Timourovitch Donc il y a deux histoires parallèles mais qui parfois se télescopent et on ne sait plus si on est dans la réalité , dans le rêve ou dans l'inconscient de ce Poustota (qui parait-il ,en russe serait l'équivalent de "vide"). A un moment un "baron noir" divague sur "la Mongolie intérieure" et crée des espaces hallucinants ,à se croire dans de la science -fiction ; il y a aussi cette mitrailleuse d'argile , invention de Tchapaïev , qu'on voit en action(?) à la fin. On peut se demander si tous ces personnages ne sont pas des fous . J'ai aimé la fin où j'ai cru que cela s'éclaircissait un peu .; mais non , c'était pour mieux plonger à nouveau dans une espèce de folie, dans la Mongolie intérieure du narrateur....
Lectures 2- Mario Soldati
Puis j'ai lu des récits de Mario Soldati, en italien, le recueil prend le titre de l'un d'eux: " la messe des vacanciers" (la messa dei villeggianti) -vacanciers ne va pas très bien , l'idée de villégiature fait plus chic-. Le style change , ce n'est plus la fantaisie de Camilleri mais un italien classique , des récits sérieux.... Soldati se déplace beaucoup en train , entre son travail de cinéaste et ses lieux de résidence, principale ou de vacances Il raconte ses voyages , ses rencontres , son opinion sur l'école , ... Il y a un texte sur Port- Royal qu'il visite avec Jacques Becker (lieu que je ne connais pas mais que j'ai envie de voir depuis longtemps , j'irai un jour) Dans un récit , j'ai appris le secret du bon pain comme autrefois . D'ailleurs ce n'est pas un secret , il suffit de laisser le four se reposer entre 2 cuissons de façon à ce qu'il se vide entièrement de l'humidité occasionnée par la cuisson de la pâte Autrefois le boulanger ne faisait qu'une cuisson par jour et à la campagne il était courant de n'en faire qu"une par semaine Maintenant , avec les fours électriques , une fournée est à peine retirée qu'on en met une autre.... Je pense au pain que j'ai acheté à Altamura - je revenais de Matera et je regagnais , en train , Bari et l'hôtel où je logeais - un pain qui s'est conservé huit jours Voila , un récit de Soldati m'a menée jusqu'à Altamura et Matera ....
Lectures 1- Camilleri
Après C.McCarthy, j'ai lu plus "léger"; je suis passée à un Camilleri , en sicilien, plus difficile à lire pour moi que ses Montalbano , en VO aussi. ; le titre : "Maruzza Musumeci".C'est un conte, teinté d'atmosphère grecque.Le lieu est imaginaire , près de Vigata, en Sicile, une langue de terre presque entièrement entourée de mer En 1895 le maçon Gnazio Manisco revient au pays après avoir passé 25 ans en Amérique Jusqu'à ses 20ans , il louait ses bras pour les travaux saisonniers.. Il n'aime pas la mer mais il achète un terrain entouré d'eau; il y construit une maison,il a envie de se marier. Pour rencontrer Maruzza, il devra se plier à des tas de traditions et conditions. C'est l'arrière grand mère de Maruzza qui décide de tout et sert d'intermédiaire..La rencontre charnelle sera heureuse et gnazio va satisfaire tous les caprices de sa femme . Ils vont vivre heureux avec leurs enfants, gnazio agrandissant la maison au fur et à mesure des naissances. C'est un joli conte plein des chants de la sirène Maruzza.